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Synopsis

Vladimir Principal, écrivain malchanceux, n’est jamais parvenu à se faire publier. Un soir, trahi par son inspiration, il sort de chez lui, laissant sa femme et son fils endormis, et va traîner son désenchantement dans les rues. Il échoue dans un bar où il rencontre un vieillard étrange qui se présente comme un «  éditeur de destin », capable de l’aider. Vladimir croit à une plaisanterie, mais quand il ressort du bar, passablement éméché, il ne reconnaît pas les rues de sa ville. Sur un mur, il découvre une affiche vantant le livre qu’il n’a pas encore écrit.

A partir de ce moment, il se trouve plongé dans un monde inconnu, où il est devenu un auteur célèbre, adulé, mais où son domicile et sa famille n’existent plus. Pris en charge par Lemorne et Belletrogne, deux responsables des Editions du Néant, il est entraîné dans une campagne promotionnelle harassante, dont chaque épisode tourne au cauchemar. (Par exemple, une interview télévisée qui vire progressivement à l’interrogatoire de police musclé, ou une lecture publique qui dégénère en numéro de cirque).

Sa vie ne lui appartient plus. Entre les mains de son éditeur, il est devenu l’instrument de sa célébrité. Il tente de fuir, lie avec des malfrats haut en couleurs une amitié vite empoisonnée par son encombrante célébrité, et finit par retomber entre les griffes de Lemorne et Belletrogne. Le cauchemar culmine quand il est tué par une foule d’écrivains rivaux qui souhaitent prendre sa place.

Il se réveille dans le bar, au côté du vieillard, et comprend qu’il a rêvé, vaincu par l’excès d’alcool, ou par le sortilège de «  l’éditeur de destin ». Quoi qu’il en soit, il a compris la leçon. A force de s’omnubiler sur un succès hypothétique, il a perdu de vue l’essentiel, le plaisir de «  faire les choses comme ça, parce qu’on aime les faire… », le goût de l’écriture qu’il pratique d’abord pour les siens, pour sa compagne «  parce que la fécondité de ma plume ne signifie rien sans ta fécondité de femme », pour son fils «  parce que la descendance de ma plume serait sans objet si tu n’étais pas là, mon fils, lecteur en devenir, porteur d’un avenir où mes histoires auront cours à tes yeux. »

L’histoire de Vladimir Principal pourrait se terminer sur cette conclusion très morale. Mais au petit matin, après avoir rédigé avec facilité les premières pages du roman sur lequel il peinait au début, un ultime coup de théâtre lui révèle que la frontière entre la rassurante réalité et ce qu’il croyait n’être qu’un mauvais rêve est beaucoup plus floue qu’on n’aurait pu le croire.